Pourquoi Villages Vivants ?

La problématique

L'abandon des centres-bourgs
Ces dernières années, la France a pris conscience qu'elle a "tué ses villes" (Olivier Razemon).
Rues fantômes, rideaux de fer baissés en sont le symptôme le plus visible. Le papier journal collés à l'intérieur des vitrines masquent le vide, la morosité, et accentue le sentiment d'abandon.

Désertification des centres-villes ruraux : des conséquences en cascade
Tout le monde en paye le prix fort : l'habitant, le commerçant, la ville ou le village en lui-même qui se paupérise et qui n'attire plus. La perte de lien social, de centralité, de cohésion sociale sont les tristes conséquences de la désertification des cœurs de villes et villages.
Une administration disparaît, une boutique ferme, puis une autre... Les habitants ne convergent plus alors vers "la place du village", là où on se croise, où l'on s'alimente, où l'on vit.
Parmi les causes : la croissance des périphéries commerciales, le changement des habitudes des consommateurs, le développement du e-commerce et la difficulté d'adaptation du commerce traditionnel.

L'immobilier commercial : un domaine stagnant
L'investissement immobilier est dominé par la logique de rendement. Les investisseurs n'ont donc que peu d'intérêt pour les centres-villes des petites villes et villages et leur préfèrent les zones commerciales. Le manque d'attraction et la paupérisation des centres n'en est que plus accentuée.
Quant aux propriétaires des boutiques de centre-ville, ils ont souvent souffert d’impayés ou d’un turn over locatif rapide et chronophage. Peu enclins à investir pour moderniser et mettre aux normes leurs locaux, ils refusent de baisser les loyers, évoquant un âge d’or du commerce pourtant révolu, quitte à garder un local vide.

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Nos convictions

La ville : un organisme vivant qui se nourrit de la diversité des usages
Véritable organisme vivant, la ville a de multiples fonctions. Ces fonctions sont interdépendantes : le logement, le service, le commerce, la culture, la vie sociale. Agir sur l’une des fonctions a pour conséquence d'en réveiller une autre et ainsi de suite, dans une logique de cercle vertueux.
Cette notion de centralité, de rôle socialisant du centre-ville est essentielle parce qu’elle maintient un terreau de vie favorable, un environnement qui évite le repli identitaire.

Le grand mouvement de l’Economie Sociale et Solidaire
Un peu partout, on voit émerger de nouveaux modèles, des volontés rassemblées, des idées innovantes qui questionnent les acquis. En milieu urbain comme en milieu rural, où malgré tout les moyens restent inférieurs.
Ce gisement d’opportunités est créateur d’emploi. Et ces emplois, ces entreprises et services imaginés parfois dans une obligation de “débrouillardise”, n’arrivent pas “comme un cheveu sur la soupe”. Ils répondent à un besoin, à une problématique (une micro-crèche, un commerce multi-services), dans un lieu précis. Leur lieu d'implantation sera proche de leurs bénéficiaires ou clientèles.
Ces nouvelles boutiques de proximité, souvent issues de l'Economie Sociale et Solidaire, sont avant tout à la recherche d'un impact social. Le café ou le Tiers-Lieu ne déménageront jamais dans une zone commerciale pour augmenter leur clientèle.

Le citoyen est un expert d’usage
Echanges, consommations, déplacements... Les habitants vivent, construisent et représentent la ville. Ils n’en sont pas que les usagers, mais aussi les architectes permanents. Bénévoles, créateurs d’entreprises, élus, commerçants ou citoyens engagés, ils peuvent agir concrètement sur le dynamisme du cœur de ville. Aux côté de la maîtrise d’œuvre et de la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’usage doit retrouver sa place.

L'immobilier est un outil
L'immobilier ne doit pas se résumer à des fins spéculatives. Il est un moyen pour installer des activités. Il n'existe pas aujourd'hui de contre pouvoir dans l'immobilier commercial. Mais un autre modèle existe, et Villages Vivants se positionne comme ce contre pouvoir, ce nouveau modèle, en imaginant une logique de bien commun sur l'immobilier commercial.

Une utopie ?
"Une utopie est un projet réalisable qui n'a pas encore été réalisé" disait Théodor Monod. D'autres mouvements, qui ont fait leur preuve aujourd'hui, ont d'abord été qualifiés d'utopie, jusqu’à ce que la réalité leur donne corps : l’agriculture bio, l’immobilier solidaire avec Habitat et Humanisme ou le foncier agricole repensé par Terre de Liens.