Un nouveau modèle d’immobilier commercial pour redynamiser les centres-bourgs

Les centres-villes, les cœurs de villes et villages ont perdu le sourire.
Nous sommes tous contraints à ce triste constat.

Les causes, nous les connaissons. Les conséquences, je les vois à chaque fois que j'arpente les rues du centre-ville où je vis. Rien que dans la rue où je travaille, une dizaine de boutiques vides ponctuent tristement le linéaire sur moins de 100 mètres.

Les habitants en payent le prix fort. Les ruraux encore plus ! En 2017, 26 000 communes n'avaient plus de café. Or le centre-ville n'est pas uniquement le commerce. C'est aussi le lien social, la place publique, le lieu où on se croise, où on échange. Quand le café s'en va, ou la librairie, ou l'épicerie, c'est tout un pan de vie sociale qui part avec.

L'immobilier commercial doit prendre sa part de responsabilité. Le marché est figé, les biens ne circulent plus, les propriétaires sont parfois échaudés par des loyers impayés. Plutôt que de louer, ils préfèrent parfois garder des boutiques abandonnées, dont le vide est masqué par du papier journal scotché sur les vitrines ou du blanc de Meudon.

Peu enclins à investir pour moderniser et mettre aux normes leurs locaux, les propriétaires des boutiques de centre-ville refusent de baisser les loyers, évoquant un âge d’or du commerce pourtant révolu.

Intervenir sur l'immobilier commercial est pourtant une nécessité pour sortir du cercle infernal. C'est la vision même de l'immobilier commercial qui doit être repensée. L'immobilier ne doit pas se résumer à sa dimension spéculative, il doit être un outil, un moyen pour installer des activités, et ramener de la vie dans les cœurs de ville.

C'est une ambition  que Villages Vivants s'est fixée : instaurer un nouveau modèle d'immobilier commercial grâce au portage collectif de la propriété. Chacun d'entre nous – habitant d'ici mais aussi lointain, entreprises locales, collectivités – peut financer l’achat d’un bien immobilier et participer ainsi à la réouverture d'un commerce ou service de proximité, en achetant des titres participatifs rémunérés  à 2% et bloqués 7 ans.

Grâce à des levées de fonds d'ampleur, Villages Vivants rachète des boutiques vides, des rez-de-chaussées abandonnés. Après réalisation des travaux nécessaires, un porteur de projet  dont l'activité correspond aux besoins d'un territoire est installé.

Dégagé de la problématique du local et des travaux et accompagné pour pérenniser son activité, le porteur de projet bénéficie d'un loyer adapté et progressif sur 3 ans. Il peut ainsi se consacrer pleinement à son activité. Une activité qui en fera venir une autre, qui changera le visage et l'ambiance du coin d'une rue, puis d'une rue toute entière...

Une utopie ? Une utopie est un projet réalisable qui n'a pas encore été réalisé disait Théodor Monod. D'autres mouvements, qui ont fait leur preuve aujourd'hui, ont d'abord été qualifiés d'utopie, jusqu’à ce que la réalité leur donne corps. Parmi eux, Terre de Liens, qui a totalement révisé la notion de portage de la propriété des terres agricoles et des fermes.  Un exemple qui a fait ses preuves et qui a fortement inspiré Villages Vivants.

Raphaël Boutin-Kuhlmann