Campagnes-refuges et économie(s) : ce que dit la crise


Vers un nouvel exode ?

La campagne aujourd'hui se confirme, en temps de crise, comme un lieu bien plus rassurant, et bien plus vivable qu'une très grande ville. L'afflux de Parisiens quittant la capitale en dit long. Mais aussi ces étudiants, qui rejoignent le village de leurs parents, à la recherche de conditions de confinement plus supportables.

Cette expérience contrainte de télétravail et de vie "au vert" incitera-t-elle à accélérer ces nouveaux modes de vie et d'organisation professionnelle, qui voient fleurir les tiers-lieux en zone rurale (c'est quand même plus sympa de télé-travailler en collectif !) ?


L’économie sociale et solidaire et sa nécessaire généralisation

La situation actuelle vient plus encore renforcer l'idée que le local est essentiel, et que dépendre d'une économie mondiale anti-solidaire et ultra-productive fragilise, abîme et casse toujours un peu plus les services essentiels.

Nous avons envie de croire que Villages Vivants est un petit morceau de réponse à une crise qui est bien plus que sanitaire. Créer des biens communs, redonner toute leur place aux villages et aux campagnes, s'inscrire dans le mouvement de la finance solidaire, c'est, nous l'espérons, être un acteur, même petit, d'une transition nécessaire.
 
Même si nous aussi, nous dépendons en partie d'une économie "classique" et de ses retombées en cascade quand elle est malade. Plus l'investissement citoyen est important, à l'image de Terre de Liens, plus le modèle est solide, parce que moins relié aux investisseurs institutionnels qui eux-mêmes (pour partie au moins) dépendent des marchés financiers. En résumé : nous avons besoin de vous !


Entre espoir et peur du "comme avant"

L'espoir, c'est celui qui naît d'un air qui redevient respirable, des eaux de Venise qui retrouvent leur limpidité, du répit donné aux animaux sauvages, à la nature.

Ce sont aussi ces initiatives citoyennes et entrepreneuriales qui, chacune à leur manière, activent les rouages de la solidarité. En fabriquant des masques, en animant un petit bout de rue grâce au talent d'un flûtiste ou en organisant un planning de bénévoles pour faire les courses pour les plus fragiles. Et ces gens qui se mobilisent pour continuer à consommer local et pour que la crise ne profite pas à Amazon, pour qu'elle ne tue pas le petit commerce.

La grande question qui occupe les esprits est comment maintenir la solidarité, éviter de retomber dans les travers d'une productivité écocide et d'une économie capitaliste...

L’Economie Sociale et Solidaire sera essentielle au plan de relance à venir : parce qu'elle place les coopérations et solidarité au cœur de la création de valeur, parce qu'elle crée de nombreux emplois en zone rurale*, elle aura plus que jamais sa place pour nous aider à surmonter les difficultés à venir !

* le nombre d’emplois dans l’ESS a augmenté depuis la crise économique de 2008 (+ 4,9% entre 2008 et 2015) contrairement au reste de l’économie (avec une baisse de 2,6% d’emplois dans le secteur privé hors ESS et une baisse de 8,4% dans l’emploi public) - Rapport Tressons


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