PAROLE D'INVESTISSEUR.SES : FLORE BERLINGEN

NOUS DONNONS LA PAROLE A NOS SOCIÉTAIRES ET INVESTISSEUR.SES !

 

Flore Berlingen societaire Villages VivantsAnalyste des politiques environnementales depuis 2008, Flore Berlingen mêle plaidoyer associatif avec des travaux d’enquête et d’écriture. Elle publie en 2022 une critique du principe pollueur-payeur et cofonde en 2023 l'Observatoire du principe pollueur-payeur. Spécialiste de la question des déchets et des ressources, elle a été directrice de Zero Waste France de 2013 à 2020, et elle coordonne aujourd’hui le plaidoyer de l'association En Mode Climat qui lutte contre la fast fashion et la surproduction dans le secteur textile.

Nous sommes honorés de compter Flore parmi les sociétaires de Villages Vivants !

 

Villages Vivants : Bonjour Flore ! Alors, la première question est de comprendre pourquoi et comment vous avez choisi d’investir chez Villages Vivants ?

Flore Berlingen : Je contribue déjà à plusieurs projets coopératifs, soit en tant que sociétaire, soit par d'autres biais. Donc j'ai été familiarisée avec le processus et c'est quelque chose qui me semble important et assez logique quand on soutient un projet de s'investir complètement. Ayant participé à ENERCOOP, à Terre de Liens, Villages Vivants était dans la continuité.

 

VV : Vous êtes sociétaire depuis 2020, donc quasi depuis les débuts de Villages Vivants. Et vous avez remis au pot en 2021 et 2023, cette fois-ci en titres participatifs. C'est un projet que vous suivez depuis quelques années maintenant.

FB : Oui, alors modestement, car je participe à plusieurs projets et je mets plutôt des petites sommes un peu partout. L’engagement chez Villages Vivants a été quelque chose de plutôt spontané, comme d'une manière générale pour les projets que je soutiens. 

C'est intéressant de voir comment le projet grandit.

Au départ, on a l'impression de participer d'une manière peut-être plus cruciale. Après, plus le projet grandit et plus il a de sociétaires, on peut avoir l'impression que ça compte un peu moins, mais j'imagine que vous me direz le contraire.

 

VV : Oui c'est sûr, aujourd'hui nous comptons 1000 investisseur.ses : 400 sociétaires et 600 porteur.ses de titres. L'objectif est vraiment d'agrandir la base pour qu'il y ait de plus en plus de soutiens. C'est justement une des questions que j'avais : selon vous, pourquoi est-ce important de faire grandir la communauté d'investisseur.ses Villages Vivants ?

FB : Ce qui est important pour moi, c'est de modifier de manière générale la manière dont les gens utilisent leur épargne, et que les financements directs ne soient plus l'affaire de quelques milliers de personnes, mais que ce soit beaucoup plus généralisé. 

C’est vraiment un modèle de financement à part entière qui devrait se généraliser. C'est beaucoup plus intéressant et motivant en tant qu'épargnant de savoir précisément où va l'argent et à quoi il est utilisé. Je fais souvent de la pub pour l'ensemble des coopératives dans lesquelles je suis impliquée. Car je pense que dans mes connaissances plein de gens auraient les moyens de le faire mais ne le font pas. Peut être parce qu’ils ne veulent pas bloquer leur argent ou qu’ils s’imaginent que c’est compliqué. …

On n'est pas obligé de mettre une somme énorme. On peut commencer petit et ne pas bloquer toute son épargne. Bref, il y a plein de modalités pour le faire.

Il y a donc pas mal de décryptage et de pédagogie à faire.

 

VV : Et justement quel rôle pourrait jouer le discours sur l’immobilier solidaire ? Pensez-vous qu’il puisse parvenir à redynamiser les territoires ruraux ? 

FB : En terme de symbolique, je ne sais pas si ça peut contribuer à un réenchantement. Je pense que ce sont avant tout les projets et les gens de terrain qui amènent cette dynamique et cette vie.

Ce qu'apporte l'immobilier solidaire, au-delà du financement, c'est le côté plus juste, plus équitable. Ça s'inscrit dans un modèle économique alternatif qui peut donner le sentiment aux financeurs d'être en cohérence avec leurs valeurs. 

Même en tant que porteur.se de projet, parce que je l'ai été, si on doit se résoudre à passer par un financement bancaire classique dont on ne soutient pas vraiment le projet, c'est toujours un peu à regret. Si on peut avoir la chance d'avoir accès à un financement via un acteur dont on soutient le positionnement et les valeurs, ça joue aussi sur la motivation des troupes.

 

VV : En tant que militante, autrice, spécialiste des déchets, et aujourd'hui chargée de plaidoyer, en quoi le projet de la coopérative Villages Vivants résonne avec votre parcours, votre propre engagement, j'imagine, à plusieurs niveaux du coup ?

FB : Je travaille sur des thématiques environnementales qui ont de fortes implications économiques et politiques. Pour moi, la question de notre modèle économique, notre modèle de production, de consommation et de financement de l'économie, c'est assez central. Ça semble logique d'essayer de mettre en cohérence mes propres choix d’épargne.

 

VV : Est-ce que vous avez en tête un lieu que vous rêveriez de voir revivre grâce à Villages Vivants ?

FB : Dans la campagne normande, pas très loin de là où j'habite, il y a un moulin qui permet de moudre du grain et de produire de la farine. C’est aussi un monument historique dont la préservation est assurée par une association qui doit relever des défis importants, notamment sur le plan financier. C'est le genre de situation dans laquelle Villages Vivants pourrait éventuellement jouer un rôle, intervenir pour fédérer des acteurs autour de cette association, notamment des collectivités territoriales, et faire en sorte que ce lieu puisse à nouveau avoir une vocation économique de production alimentaire locale.

 

VV : Alors, c’est vrai que nous n’intervenons pas en Normandie, mais pourquoi pas un jour ! Une autre question pour rêver encore un peu, pour vous à quoi ressemble le village idéal ?

FB :  Pour moi, le village idéal est le cœur de plein d'activités différentes. Ce serait l'antithèse du village dortoir. Il serait équilibré entre des activités à la fois productives, mais aussi culturelles, sportives, sociales, festives. C'est un lieu de vie complet.

 

VV : J'ai une dernière question pour conclure. En quelques mots ou quelques phrases, comment peut-on définir le mieux Villages Vivants ?

FB :  Si je m'éloigne un peu du pitch officiel, je dirais que Villages Vivants, c'est une promesse, c'est un espoir. Et justement, je fais le lien avec la question d’avant. C'est une contribution à recréer des villages tels qu'on rêverait qu'ils soient. 

J'ai aussi l’image d'une brique. Cela fait le lien avec ce que j'ai dit tout à l'heure. J'ai envie de soutenir l'ensemble des mouvements coopératifs. Pour moi, à chaque fois, c'est une brique de l'alternative qu'on voudrait voir gagner la bataille. C'est une petite partie du modèle alternatif qu'on essaie tous de faire advenir.

 

VV : Merci infiniment Flore !

 

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Photo de couv LK