PAROLE D'INVESTISSEUR.SES : JOHN PAUL LEPERS
NOUS DONNONS LA PAROLE A NOS SOCIÉTAIRES ET INVESTISSEUR.SES !

John Paul LEPERS est journaliste, réalisateur et producteur de documentaires. Il est né en 1957 et réside en région parisienne. Il est membre solidaire de Villages Vivants depuis 2019.
Villages Vivants : Bonjour John Paul ! Comment avez-vous connu Villages Vivants ?
John Paul LEPERS : J'ai découvert Villages Vivants lorsque je faisais des recherches sur les initiatives autour des commerces. Je les ai appelés puis j'ai fait un voyage de repérage.
VV : Pourquoi avez-vous choisi de soutenir et d’investir chez Village Vivant ?
JPL : J'avais réalisé un film en 2019 pour France 2 qui racontait le fonctionnement de Villages Vivants, et j'ai eu une très grande sympathie pour l’équipe. J'ai ressenti une énergie, une invention, un respect. Le reportage que j’ai fait permettait que les gens comprennent une démarche vraiment novatrice pour s'attaquer aux problèmes des centres-villes qui se désertifient. Villages Vivants, ce sont des jeunes qui trouvent une solution. Cette solution n'est pas financée par l'État, elle est financée par les citoyens.
Alors, investir dans la coopérative pour moi, c'était une manière de boucler la boucle. J’ai mis 400 euros. Je savais que ça n’allait pas me rapporter beaucoup d’argent, mais ce n’était pas le but.
VV : En tant que journaliste, en quoi le projet de la coopérative résonne avec votre engagement et votre parcours ?
JPL : Je suis journaliste, et les journalistes, en général, racontent les catastrophes, les scandales, ils racontent les injustices. J'ai beaucoup fait ça, en Afrique par exemple ; je racontais les famines, les guerres, les inondations, les catastrophes. Mais j'ai aussi fait des films sur le génie des Africains et sur leur façon d'imaginer l'économie, d'imaginer la fabrication, notamment artisanale. De la même manière, j'ai réalisé beaucoup de reportages sur la Roumanie sous Ceaușescu, sur la dictature et l'horreur notamment des orphelinats. Mais j'ai mis un point d'honneur aussi à raconter les progrès faits après la Révolution et la volonté de certains de sortir de l'horreur.
Et donc, quand j'ai rencontré Villages Vivants en 2019, j’ai eu aussi envie de raconter cette idée, naissante à l’époque, qui pouvait s'appliquer partout et luttait contre le désespoir qu'on peut ressentir quand on arrive dans un village et qu'il n'y a plus rien, avec toutes ces devantures fermées, marquées à vendre.
C'est indispensable pour moi de donner à voir qu'il y a un génie chez les êtres humains et qu'il y a des capacités à se régénérer, à réinventer, à trouver des solutions pour ne pas sombrer dans le désespoir. L’espoir, c’est aussi de l’information.
VV : Quel est le lieu que vous rêveriez de voir revivre grâce à Village Vivant ?
JPL : C’est une jolie question.
Personnellement, j'aimerais bien une poissonnerie ou un fromager dans ma ville.
Mais ce que je regrette le plus, c'est lorsque je me promène en France, que ce soit à pied, en voiture ou à vélo, c’est de s'arrêter dans un village et de ne pas pouvoir m’installer à la terrasse d’un bistrot pour boire un coup et discuter. J’ai 68 ans, j’ai connu les villages d’avant, et je constate aujourd'hui ces absences.
VV : Pour vous, à quoi ressemble le village idéal ?
JPL : Pour moi, le village idéal, c'est celui qui est surprenant, où il y a des artistes qui peuvent s'exprimer, des gens qui peignent leur maison de couleurs et mettent des fleurs, ou qui jouent de la musique, la fenêtre ouverte… avec une place, un beau café, une terrasse, une fontaine… Et une auberge pas chère pour pouvoir y rester.
VV : Une phrase ou un mot qui résume pour vous Villages Vivants ?
JPL : C'est favoriser les échanges. Organiser la rencontre autour d'un besoin, d'envies, et d'un bâti. Oui, c'est tisser l’humain avec la ville.
VV : Merci beaucoup John Paul !
